Il n'est rien de le dire, mais lorsque vous décidez de devenir accompagnante à la naissance (AN), vous choisissez la difficulté pour le meilleur et pour le pire ! Petit bilan de la situation de l'AN en France à l'heure actuelle...
Elles m'avaient prévenue mes consoeurs accompagnantes à la naissance, avant même que je m'engage dans cette formation, elles m'avaient clairement exliqué les difficultés liées à trouver des accompagnements réguliers et celles de pouvoir vivre de ce métier. Mais motivée j'ai été, motivée je le suis et, motivée je le serai toujours. Donc j'ai su à ce moment dans quoi je mettais la tête. Certes, je n'ai pas foncé tête baissée, biensûr j'ai pesé le pour le et le contre, mais je veux faire ça, comme une gamine je le clame haut et fort : JE VEUX FAIRE CE METIER (quand je serai plus grande) !
En France, plusieurs facteurs entrent en jeu, sur les raisons qui font que une accompagnante à la naissance ne peut pas exercer pleinement son métier. Je vais vous en exposer quelques unes. Je suis stagiaire depuis octobre 2009, et j'en ai déjà bien "bavé"...
Facteur n° 1 : Méconnaissance de cette profession. Demandez autour de vous, maintenant que vous êtes passé par mon blog, combien de personnes dans votre entourrage connaissent ce métier ? A la rigueur les plus informées vous réponderons "C'est un genre de sage femmes...".
Facteur n° 2 : Profession isolée. Pour ma part la plus grande difficulté pour exercer vient de ce point. Savoir définir une profession particulière, liée à aucune autre, par aucun moyen. Si l'on parle d'écoute, on va nous associer aux psys, si l'on parle d'accompagner des femmes enceintes, on va nous associer aux sage-femmes... Donc il est clair que pour convaincre il faut avoir les termes adaptés aux questions que l'on va nous poser.
Facteur n° 3 : Services payants. Une accompagnante à la naissance n'est pas une bénévole. Elle perçoit une rémunération de la part du couple qui fait appel à ses services. Même si les tarifs sont loin d'être excessif (compte tenu de la disponibilté de l'AN entre deux rendez vous), beaucoup de personnes vont opter pour des préparations à l'accouchement prises en charge par la sécurité sociale, ou d'autres ne peuvent tout simplement pas se le permettre.
Facteur n° 4 : Le climat. Même si à mon sens une AN ne joue pas le même rôle qu'une sage-femme, beaucoup de professionnels de santé nous barrent la route... C'est légitime je le pense bien. Mais il est important de mettre en évidence que bien au contraire l'AN peut servir de passerelle entre les professionnels de santé et leurs patientes. Il est dommage de voir en nous une menace pour leur profession. Des médecins tout le monde en a besoin, un moment à un autre, l'accompagnante à la naissance est une option pour certaines femmes enceintes (ou couple) qui ressentent le besoin d'avoir un "supplèment durant cette période de grossesse, l'accouchement ou le post-partum.
Avant de conclure, je vais préciser une chose sur le facteur 4. J'ai rencontré des professionnels de santé formidables, qui m'ont encouragé à continuer. Il est impératif de bien se mettre en tête que je ne mets pas tous les professionnels dans le même panier. Les accompagnantes à la naissance sont à la base une idée d'une mère de famille formée en Angleterre au métier et, d'une sage-femme libérale, pratiquant les AAD (Maitie Trelaun). Donc ce point n'inclus pas tout le monde et heureusement.
Donc j'y crois, je sais que cela peut changer. Prenons pour exemple les osthéopathes, qui sont implantés en France depuis des années et qui n'ont vu la reconnaissance de leur profession qu'en Juillet 2007. Donc oui, plus les parents auront parlerons de nous, plus les choses avanceront. Tout doucement, mais sûrement.
Samia